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"En ressuscitant le Concerto de Québec d'André Mathieu, le pianiste Alain Lefèvre ne se doutait pas qu'il s'engageait dans une longue aventure. Six ans plus tard, après deux CD, des dizaines de concerts, un projet de film et de biographie, voilà que l'aventure prend un tournant inattendu, grâce à un concerto de Mathieu, perdu et retrouvé, le quatrième Concerto, que Lefèvre a créé il y a deux jours en Arizona avant Paris, Pékin et Londres. Portrait d'un pianiste et de son obsession.
Tout a commencé à la salle André-Mathieu de Laval, il y a exactement deux ans, à la fin d'un concert consacré à la musique de... André Mathieu. Alain Lefèvre était venu à Laval jouer le Concerto de Québec de Mathieu, comme il le faisait un peu partout à la grandeur du Québec à ce moment-là dans le but avoué de redonner à André Mathieu, ce jeune prodige né à Montréal à la fin des années 20, célébré à 13 ans à Carnegie Hall et mort dans la pauvreté, la solitude et l'alcool, sa place dans l'histoire de la musique au Québec.
En sortant de sa loge, Lefèvre aperçoit une petite dame de 60 ans et des poussières, flanquée de son mari qui lui sourit et lui dit qu'elle aimerait lui parler. «J'ai quelque chose pour vous,» lui lance-t-elle d'un air mystérieux. Lefèvre, réputé pour être aussi convivial qu'un politicien en campagne électorale, invite la dame et son mari dans sa loge. La dame s'avance avec un vieux sac en plastique tout usé à l'intérieur duquel dorment deux vieux disques en vinyle dur. Leurs étiquettes sont nues sauf pour la mention «1er concerto» écrit de la main même de Mathieu. Elle les tend à Lefèvre en lui disant: «Écoutez ça, vous allez comprendre». Sur ces paroles, la dame s'éclipse sans donner son nom ni laisser son numéro de téléphone.
Ne sachant trop quoi penser de cette affaire, mais ayant déjà eu vent d'un concerto qu'André Mathieu aurait composé mais jamais enregistré, Lefèvre donne un coup de fil à son copain, le scénariste Luc Dionne, qui était en train de terminer l'écriture d'un scénario sur la vie de Mathieu. Dionne demande à voir les vinyles et découvre que ce sont des acétates sur lesquelles la musique a été gravée directement grâce à une machine - l'Audio-Disque - qu'André Mathieu avait chez lui. Fasciné par ce cadeau aussi fragile qu'inattendu, Dionne envoie les acétates à Paris chez le réputé restaurateur audio Jean-Pierre Bameulle pour qu'il les nettoie, mais surtout pour qu'il transfère la musique sur CD.../... .../...«Pour moi, c'est presque une action politique et un devoir de mémoire, disait Lefèvre avant son départ. Je veux que le monde entier sache que Mathieu était un génie musical et que ce génie venait du Québec.»
Avec la première européenne du quatrième Concerto en octobre au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, un concert à Pékin et une tournée en Angleterre, André Mathieu va non seulement renaître de ses cendres, il va enfin avoir ce qui lui a si souvent manqué tout au long de sa vie: des ailes."
Tout a commencé à la salle André-Mathieu de Laval, il y a exactement deux ans, à la fin d'un concert consacré à la musique de... André Mathieu. Alain Lefèvre était venu à Laval jouer le Concerto de Québec de Mathieu, comme il le faisait un peu partout à la grandeur du Québec à ce moment-là dans le but avoué de redonner à André Mathieu, ce jeune prodige né à Montréal à la fin des années 20, célébré à 13 ans à Carnegie Hall et mort dans la pauvreté, la solitude et l'alcool, sa place dans l'histoire de la musique au Québec.
En sortant de sa loge, Lefèvre aperçoit une petite dame de 60 ans et des poussières, flanquée de son mari qui lui sourit et lui dit qu'elle aimerait lui parler. «J'ai quelque chose pour vous,» lui lance-t-elle d'un air mystérieux. Lefèvre, réputé pour être aussi convivial qu'un politicien en campagne électorale, invite la dame et son mari dans sa loge. La dame s'avance avec un vieux sac en plastique tout usé à l'intérieur duquel dorment deux vieux disques en vinyle dur. Leurs étiquettes sont nues sauf pour la mention «1er concerto» écrit de la main même de Mathieu. Elle les tend à Lefèvre en lui disant: «Écoutez ça, vous allez comprendre». Sur ces paroles, la dame s'éclipse sans donner son nom ni laisser son numéro de téléphone.
Ne sachant trop quoi penser de cette affaire, mais ayant déjà eu vent d'un concerto qu'André Mathieu aurait composé mais jamais enregistré, Lefèvre donne un coup de fil à son copain, le scénariste Luc Dionne, qui était en train de terminer l'écriture d'un scénario sur la vie de Mathieu. Dionne demande à voir les vinyles et découvre que ce sont des acétates sur lesquelles la musique a été gravée directement grâce à une machine - l'Audio-Disque - qu'André Mathieu avait chez lui. Fasciné par ce cadeau aussi fragile qu'inattendu, Dionne envoie les acétates à Paris chez le réputé restaurateur audio Jean-Pierre Bameulle pour qu'il les nettoie, mais surtout pour qu'il transfère la musique sur CD.../... .../...«Pour moi, c'est presque une action politique et un devoir de mémoire, disait Lefèvre avant son départ. Je veux que le monde entier sache que Mathieu était un génie musical et que ce génie venait du Québec.»
Avec la première européenne du quatrième Concerto en octobre au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, un concert à Pékin et une tournée en Angleterre, André Mathieu va non seulement renaître de ses cendres, il va enfin avoir ce qui lui a si souvent manqué tout au long de sa vie: des ailes."
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Jean-Pierre Bameulle
Fondateur du studio LRA
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