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Transfert - Restauration - Remastering de documents sonores anciens

L'écologie et le développement durable au service de la pérennité sonore
24 Juillet 2008
19:31


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Qu'est-ce que la restauration sonore ?


 

Les vieux enregistrements 78 tours, vinyles, Cassettes, Micro cassettes et bandes magnétiques se détériorent avec le temps et les lectures répétitives. Apparaissent des clicks, des craquements, des bruits de fond, des distorsions, des rotations de phase désagréables à l'oreille, etc... qui, petit à petit, déforment et parfois même masquent le message d'origine. Restaurer un signal sonore consiste donc à erradiquer, atténuer, supprimer toutes ces altérations.

 

Dans la colonne de gauche de ce site, vous pourrez trouver dans la rubrique "Exemples" des échantillons de restauration sonore mais vous pouvez déjà avoir un aperçu avant/après sur deux extraits de 78 tours, en cliquant sur la flèche verte des lecteurs ci-dessous. Un court bip sépare les sons non restaurés des restaurés :

 

 

 

 

 

 

Une précision importante : La répartition des tâches : 20% pour l’ordinateur, 80% pour le savoir faire et l'expérience du restaurateur… J’ajoute d’ailleurs que l’on trouve de plus en plus sur le marché des plug-in et des logiciels avec un design graphique très accrocheur, proposés avec des budgets marketing impressionnants, qui permettent de restaurer soi-même sur son ordinateur personnel ses vinyles, 78 tours, bandes magnétiques et autres K7. Encore faudra-t-il savoir paramétrer correctement ces systèmes dont parfois l'ergonomie et les fonctionnalités restent très ésotériques pour le commun des mortels... Il n'est pas rare d'obtenir un résultat qualitatif bien inférieur à l'original :-)

 

 

Il y a également une mode qui se répand très vite, ce sont les platines vinyles et cassettes dites "USB" que l'on connecte au port du même nom sur son ordinateur personnel. Celà semble tout à fait pratique et sympathique mais on ne vous parle pas des performances et de la qualité du convertisseur qui transformera la voix chaude et voluptueuse de votre chanteuse ou chanteur préférés, en une série de 0 et de 1 pas souvent vraiment dans l'ordre sur le CD de destination... Beaucoup de ces vaillants restaurateurs en herbe pourtant remplis de bonnes intentions, viennent de plus en plus, découragés par des résultats peu probants, me demander conseil et parfois même de leur refaire sérieusement le travail qu'ils avaient déjà engagé...

 

 

Aussi la maison ne reculant devant aucun sacrifice et pour vous démontrer l'efficacité de ma méthode, envoyez-moi un vinyle ou un 78 tours, choisissez un titre ( maximum 4 minutes pour un vinyle), je le numérise, je le scinde en deux parties d'égales longueurs et je traite uniquement la deuxième partie (pour comparaison avant/après). je vous retourne le tout à mes frais GRATUITEMENT sur un CD Audio ou je le mets à disposition de téléchargement sur mon serveur FTP.

 

 

D'après l'interview réalisé par le site Cap Campus

 

En quoi consiste exactement votre activité ?

 

Mon activité est en fait orientée autour de deux aspects : Le premier est de restaurer, d’améliorer la qualité, et de transférer de la matière sonore issue de supports anciens tels que cylindres, 78 tours, vinyles 33 et 45 tours, bandes filaires et magnétiques, cassettes, etc. sur un support actuel tel que le CD Audio, le DVD, un disque dur, une clef USB, via un serveur FTP, etc.

 

Le deuxième aspect consiste à cibler ce travail sur des documents sonores appartenant à des familles, des amicales, des associations, afin de, tel un ethnologue, maintenir en bon état de conservation et de lisibilité ces témoignages du passé.

 


Quelle profession exerciez-vous auparavant, quel est votre parcours ? 

 

Après des études universitaires écourtées : étant pianiste je fréquentais plus les boites de jazz tard le soir que les amphis tôt le matin... (exemple à ne pas suivre…), j’ai trouvé un poste d’assistant ingénieur du son dans un grand studio d’enregistrement parisien. Ensuite de nombreux postes d’ingé son défilent. Chez Vogue ou j’ai travaillé avec Martin Circus et Balavoine entre autres .Au château d’Hérouville où se sont succédés les groupes les plus connus du moment comme les Stones ou Led Zeppelin. Puis rencontre avec Gérard Manset concrétisée par l’ouverture d’un studio où à été produit le fameux « Il voyage en solitaire ».

Changement de direction brutal et je deviens réalisateur à Radio Monte Carlo, station périphérique de renom à l’époque. J’y travaille avec le journaliste Yves Mourousi quelques années auprès duquel j’apprends énormément.

A l’avènement des radios locales je quitte RMC et monte encore… un petit studio dans le Marais à Paris. C’est dans cet endroit que j’ai enregistré, numérisé et formaté les voix qui ont servi à l’élaboration du premier serveur vocal de consultation de compte bancaire ‘Vocalia » pour la Société Générale, tout un programme…


Comment vous est venue l’idée d’exercer ce métier si particulier ?

 

Je gravitais depuis quelques années dans le monde de l’informatique et, sous la pression de mon fils devenu entre-temps… ingénieur du son (!), je décide de créer une cellule de restauration sonore à l’usage des particuliers. De plus j’ai toujours été attiré par les techniques d’amélioration du son et la recherche industrielle qui s’y rattache. Je suis musicien et les notes sont des gouttes d’émotion qui doivent être restituées avec la meilleure fidélité possible quelque soit l’époque où elles ont été créées.


Quel est l’intérêt d’un tel travail, votre motivation ?

 

Ma motivation première est de préserver ce précieux patrimoine sonore que possède pratiquement chaque famille. Souvent ces personnes connaissent l’existence de ces documents mais n’ont aucune idée de ce qu’ils contiennent, et souvent, ne possèdent plus les machines permettant de les lire et de les décrypter. La grosse difficulté est que ces gens soit ne connaissent pas mon existence, soit ne savent pas à qui s’adresser. De mon côté je dois me faire connaître et il n’y a que la presse à grande diffusion qui peut m’aider. Encore faut-il les convaincre que mon activité puisse intéresser du monde, ce qui n’est pas toujours évident ! Heureusement, certains média commencent à considérer ma profession et à en comprendre l’intérêt ; la preuve vous m’avez contacté !


Pour restaurer les sons, comment procédez-vous ?

 

La première étape consiste à nettoyer le support original pour qu’il puisse restituer le signal sonore dans son intégralité avec la qualité maximum. Dans le cas d’un 78 tours ou d’un vinyle, il existe des machines conçues pour nettoyer ces disques. Une fois le support dénué de la majorité des corps étrangers, il reste encore les micros chocs mécaniques à traiter mais on peut maintenant le lire avec une machine adaptée à son format.

Pour un 78 tours par exemple, il faut utiliser une pointe de lecture conforme en dimension à la largeur du sillon qui a évolué dans le temps depuis les années 20 jusqu’à l’avènement des premiers microsillons 33 tours fin des années. Ensuite ce signal est numérisé pour permettre d’appliquer des traitements informatiques. En effet, numérisé, un son se traduit en chiffres (0 et 1), et il est très facile pour un ordinateur d’effectuer des opérations mathématiques très rapidement tels que l’application d’algorithmes en tout genre... Ces traitements servent à éliminer les bruits tels que craquements, clicks, grésillements de surface, bruits du fond inhérents à la matière même du support, etc. On obtient ainsi un fichier son nettoyé et de bien meilleure qualité que l’original.


Quels sont les supports qui peuvent être restaurés ? Et quel est le support final ?

 

A partir du moment ou un support sonore peut être numérisé, il peut être restauré… La majorité du temps, c’est le CD Audio qui est demandé, parfois le DVD qui permet de stocker plus d’information, le DAT pour certains, la K7 métal parfois pour sa qualité. Il est même arrivé qu’une personne « regrave » sur vinyle un 33 tours restauré !


Combien de temps est nécessaire à une restauration ?

 

Tout dépend de l’état de l’original et du degré de restauration que l’on veut obtenir. Sur un extrait de 78 tours de 2 minutes je peux passer 4 minutes et sur un bruit récalcitrant de 3 secondes, une bonne heure…


A qui s’adresse ce type de service ? 

 

De nombreuses maisons de disques et de producteurs qui publient des compilations d’artistes du début du 20eme siècle jusqu’aux années 60-70 (Yvette Guilbert, Dranem, Charles Trenet, Arletty, Maurice Chevalier, etc.), utilisent beaucoup le service de studios de restauration. Pour ma part, je m’adresse exclusivement aux particuliers, familles, amicales, associations.


En moyenne, combien coûte une restauration ? 

 

M’adressant à des particuliers même pour un travail de qualité professionnel, je ne peux pratiquer les tarifs en vigueur dans le monde de la production institutionnelle. J’ai fixé un coût horaire de 30 euros/heure pour un transfert sans restauration et de 60 euros/heure avec restauration. Ce tarif ne s’applique pas à la durée du document à traiter mais au temps passé à le travailler. Une fois le document original entre mes mains, je l’écoute, l’analyse et je rends mes conclusions au propriétaire en lui proposant un éventail de possibilités lié au degré de restauration qu’il souhaite.


Existe-t-il des formations de restaurateur de son ?

 

Un institut Parisien, présent également dans d’autres villes de province, l’ EICAR, orienté sur les métiers de l’audiovisuel propose dans le cadre d’une troisième année option son, des modules de formation autour de la restauration sonore. Deux autres établissements offrent également des services identiques : L’ASMA et L’ARGIL.


Enfin, pouvez-vous nous dire quel est le son le plus original que vous ayez restauré ?

 

Vaste dilemme ! Il y en a plusieurs mais je me rappelle d’un 78 tours de 1954 qui était le repiquage d’un enregistrement privé sur magnétophone portable à fil d’acier, Eh oui ! C’était un mariage à Casablanca ou tous les convives étaient interviewés un par un sur fond de musique orientale. Les voix étaient tellement couvertes par la musique que j’ai dû informer le commanditaire sur le choix que je devais faire : soit privilégier les voix, soit la musique !


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